"Oui, la vie est une survie dont l'enfant se porte garant."
Comment changer le monde sans lui donner des enfants ? Devenu père d'un troisième enfant, l'auteur s'interroge sur son obsession de l'enfance, et sur la gêne qu'elle inspire aux intellectuels et militants qui constituent son entourage. Contemplant les gestes gracieux et les regards intenses de sa fille, riant des mots d'enfants si justes de ses grands, il médite sur le pouvoir de la transmission et l'exercice d'humanité qu'instaure la parentalité. Par les lectures et les souvenirs personnels, l'écrivain nourrit cet essai très personnel de questions sur la valeur de l'enfance comme source d'espoir, pratique du courage et de la fraternité, malgré et contre tout. Comme si chaque nouvelle naissance était une promesse de révolution. Anne-Marie
"La propagande, c'est la guerre poursuivie par d'autres moyens." (J.-M. Domenach).
Vous associez le mot "propagande" aux régimes totalitaires ? Vous pensez que ces techniques de manipulation se limitent au domaine politique ? Vous croyez qu'elles visent à modifier l'opinion ? Qu'elles sont le mal absolu ? Qu'elles ne touchent que des personnes peu éduquées ? Cette synthèse historique claire et précise vous éclairera sur l'évolution de ces méthodes de communication, nées dans la guerre, mais filles de la démocratie, qui répondent aux besoins des gouvernants de créer l'opinion, du capitalisme de créer des consommateurs, des individus d'adhérer à des réponses rassurantes. En reliant l'analyse des faits aux biais cognitifs exploités par les différentes technologies, l'historien met en garde sur "la fabrique du dissentiment" et les risques sur les démocraties que fait peser la réduction de l'information et de l'attention à un marché totalement dérégulé et en pleine mutation. Anne-Marie
Petits poèmes, grande poésie
De Carver, on connait surtout les nouvelles, celles qui ont inspiré le film Shortcuts par exemple. De petits récits qui, l’air de rien, distillent l’absurde et la mélancolie avec une grande maitrise … et humour ! Ce qu’on nomme parfois le minimalisme. Or Carver a commencé sa carrière par la poésie, et il a publié une dizaine de recueils – pas tous traduits en français malheureusement.
Des querelles de couple à une après-midi de chasse à la bernache, c’est le même réalisme, la même familiarité que dans la prose. Mais la poésie donne aux petits drames ordinaires une grande intensité. Elle se libère du récit, s’autorise l’ellipse, l’implicite. Elle va à l’essentiel. Vous n’oublierez pas cette voix au lyrisme retenu.
Et si on voulait lui trouver un cousin en autodérision, en mélancolie vagabonde, ce pourrait être Jim Harrison, dont les poèmes méritent d’être (re)découverts aussi !
Frédéric
Ouvrir la boîte noire
Beaucoup d'essais aujourd'hui abordent la question du travail. C'est sous l'angle des salaires que l'aborde Baptiste Mylondo, et il s'agit pour lui d'une " Boîte de Pandore ». De fait, il est parfois délicat d’ouvrir cette boîte, particulièrement en France où le sujet est souvent tabou ou conflictuel. Raison de plus pour se pencher dessus : cela paraît fondamental si on veut réfléchir sur la justice sociale et réformer la société.
Qu’est-ce qu’un salaire juste ? Qui devrait gagner plus ? Qui gagne trop ? Toutes les professions sont-elles utiles ? Et la pénibilité au travail ? … Sur toutes ces questions complexes et brûlantes, l’auteur propose une réflexion qui avance pas à pas, en courts chapitres lumineux. Au croisement de l’économie, de la politique et de la morale, le salaire est une belle boîte de Pandore … qu’il faut continuer à explorer courageusement.
Frédéric
La mémoire neuve
La mémoire neuve
Si le terme « Mémorial » vous semble un peu solennel, n’ayez pas peur. À soixante ans, Pablo Neruda se retourne sur son chemin, tout simplement. Soixante ans, ce n’est vraiment pas vieux, surtout lorsqu’on s’appelle Neruda, dont l’existence aventureuse n’a pas entamé une force de vie extraordinaire. Cela vient parfois de loin : la mère disparue dans sa toute petite enfance, les premiers émois amoureux, puis les lieux chéris, les exils et les périples, les compagnonnages politiques – et bien sûr les femmes. Il s’agit pour lui de se rappeler, de faire revivre, ce qu’il accomplit à merveille car il sait varier les tons, faire ample ou plus léger, trouver la métaphore singulière mais juste. Entre mélancolie et interrogation, ce que cherche le poète c’est, peut-être, déchiffrer un peu ce grand mystère : le destin d’un être humain.
Avec ses vers libres et naturels, avec ses images qui fleurissent, et cette vitalité toujours renouvelée, ce recueil est un enchantement.
Frédéric