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Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

20,90
5 mai 2022

politique

Un roman foisonnant qui nous emmène dans les coulisses sales du pouvoir juste avant les élections présidentielles.

Nous sommes en France, pendant le premier confinement qui dure depuis plus de 15 mois sous une canicule étouffante.

La présidente a décidé de ne pas se représenter à la prochaine élection. Commence alors les jeux de pouvoir mortifères.

Je commence par le seul bémol : les personnages mettent du temps à se mettre en place, le temps du récit s’étire, puis subit une accélération soudaine : des semaines sont balayées en une phrase.

Mais j’ai aimé cette atmosphère poisseuse de canicule qui m’a rappelé des souvenirs.

J’ai aimé l’humour parfois avec le groupe militant des Bonobos Effondrés dont fait partie la fille du ministre de l’écologie.

J’ai souri quand son amoureux se retrouve enfermé dans un pigeonnier et se fait littéralement chier dessus par les volatiles.

J’ai aimé les noms des personnages : Lucien comme de Rubempré ; Jeanne comme la petite Jehanne de France ; Clio et son prénom de Muse ; Beauséant dans son fauteuil de ministre.

J’ai aimé le nom de la villa de plage du père de Clio et son double sens : Le Devoir de vacances.

J’ai découvert les morts suspectes de Joseph Fontanet et Georges Boulin, deux hommes politiques français anciens ministres.

J’ai également appris l’existence aux Etats-Unis du Weather Underground à l’image des Black Panthers.

J’ai aimé le faucon crécelle qui apparait parfois aux personnages : certains connaissent son nom, d’autres s’en fichent.

Il est beaucoup question de lettres grecques avec les variants mortels qui sévissent, dont le gamma.

Un roman dans lequel il est beaucoup question de Guy Debord.

Un roman plein de références littéraires.

Si la moitié des actes de terrorisme commis pour prendre le pouvoir sont vrais, nous avons du soucis à nous faire….

L’image que je retiendrai :

Celle du bleu des piscines qui tournent vite quand l’eau est coupée sur le territoire.

18,50
5 mai 2022

guerre d'Indochine

De l’auteur, j’avais abandonné 14 Juillet, et adoré L’ordre du jour.

Celui-ci fait partie de la seconde catégorie.

J’ai aimé que chaque chapitre soit différent et apporte un éclairage sur la situation en Indochine avant le conflit, pendant et après.

Pas de grandes descriptions, mais des mise en lumière de certains détails qui éclairent tout le tableau, comme ces ouvriers maltraités dans les Grandes Plantations avant la guerre.

Un livre qui montre que cette guerre était inutile (mais quelle guerre l’est ?) et explique pourquoi.

Quelques citations éclairantes :

Et les 51 morts du 6e bataillon de parachutistes coloniaux furent-ils bien sacrifiés pour la France ou pour M. Pierre-Charles Bastid, membre du conseil d’administration des Charbonnages, directeur général des Etains et wolfram du Tonkin, directeur général des Etains de Pia-Ouac, ingénieur conseil, pour la Banque d’Indochine, administrateur des Etablissements Eiffel…

on nomma de Lattre de Tassigny haut-commissaire et commandant en chef en Indochine. Il arrive à Saigon début décembre, développe au pas de charge l’armée nationale vietnamienne et remporte avec elle d’éphémères victoires à coup de concentrations inédites de troupes et de bombardements au napalm dont il sera l’un des premiers à faire un usage massif.

et les combats avaient lieu, malgré tout, pour une colonie déjà vidée de sa substance.

Une enquête du capitaine sam wyndham

Folio

8,70
5 mai 2022

enquête, Inde

L’action et les enquêtes se déroulent à Calcutta en 1919. Au sortir de la Grande Guerre, Sam Wyndham, jeune veuf et nouvellement promu capitaine décide de partir dans la colonie anglaise du Bengale.

En bon limier, il fera tout pour trouver le coupable du meurtre d’un britannique sauvagement assassiné dans une rue sombre d’un quartier indien, pas loin d’un bordel.

Disons-le tout de suite, je n’ai pas aimé le style plat. L’intérêt de cette lecture réside ailleurs.

J’ai aimé les personnages secondaires haut en couleurs : la matrone de la pension dans laquelle loge Sam ; le supérieur flegmatique de Sam qui ne dit mot mais perce tout à jour ; le révolutionnaire indien non-violent que l’on accuse de tout.

J’ai découvert, avec le personnage d’Annie que les métis ne trouvaient leur place nulle part dans ce pays où règne une certaine ségrégation.

J’ai été attentive à tous les détails, me doutant que le capitaine partirait sur une fausse piste. Mais, comme dans un roman d’Agatha Christie, je n’avais pas trouvé le coupable.

J’ai aimé l’éclairage de l’auteur sur ce pays sous domination britannique.

J’ai découvert la loi Rowlatt qui prolongeait indéfiniment les mesures d’urgence de détention préventive indéfinie, incarcération sans procès et contrôle judiciaire.

Bref, un roman riche et passionnant dans lequel la fameuse attaque du train cache un secret d’état.

Quelques citations :

L’opium n’est vraiment illégal que pour les travailleurs birmans. Même les Indiens peuvent s’en procurer. Quant aux Chinois, eh bien nous pourrions difficilement le leur interdire, attendu que nous avons mené deux guerres contre leurs empereurs pour avoir le droit de répandre ce maudit truc dans leur pays. Et nous l’avons bel et bien fait. Au point que nous avons réussi à faire des drogués d’un quart de la population mâle. Si on y réfléchit, cela fait probablement de la reine Victoria le plus grand trafiquant de drogue de l’Histoire. (p.74)

(A propos de Georges V) : J’ai toujours été frappé par sa ressemblance avec l’empereur Guillaume. (…) Intervertissez les uniformes et je doute que quiconque les distingue. Même pour des cousins, la ressemblance est troublante. C’est triste que tant d’êtres humains aient dû mourir pour ce qui n’était essentiellement qu’une chamaillerie familiale. (p.99)

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage de Sen, le terroriste que tout le monde recherche car il est accusé du meurtre. Mais les services de renseignements n’avaient jamais perdus sa trace.

Louise Penny, Hillary Rodham clinton

Actes Sud

23,50
5 mai 2022

thriller politique

Je n’ai pas pu résister à ce nouveau roman de Louise Penny qui ne mette pas en scène Armand Gamache (quoi que), et écrit à 4 mains avec l’ancienne secrétaire d’état Hillary Clinton.

La lecture commence sur les chapeaux de roues et le rythme ne faiblit pas. Ce qui m’a un peu fait grincer des dents au vue du nombre de trajets en avion à travers la planète qu’effectue la personnage principale. Ce sera mon seul bémol.

J’ai également été surprise au début de ma lecture de ne trouver que des personnages féminins. C’est bien, ça change.

J’ai dévoré ce thriller politique dont Ellen, la toute nouvelle secrétaire d’état, se démène pour éviter que des terroristes ne se servent de bombes nucléaires.

J’ai aimé les leitmotivs du récit : les portes de placards fermées anxiogènes ; la citation qui gouverne l’action du roman « When thou hast done, thou hast not done, for I have more » (quand tu as fait, tu n’as pas tout fait, car j’en ai encore) ; il faut garder ses amis prêt de soi et ses amis encore plus proche.

J’ai été étonnée que les Pathans (connus chez nous sous le nom de Pachtounes) soient considérés comme des terroristes.

J’ai aimé la relation d’Ellen avec son amie de toujours et conseillère, Betsy. Leur communication codée commençant par : … entre dans un bar. Par exemple, l’une commence la phrase : un complément circonstanciel mal placé entre dans un bar. Et la seconde répond.

J’ai découvert l’Azhi Dahaka : le mal incarné dans la mythologie perse.

J’ai aimé les sous-verres, dans le bar de Washington D.C. dans lequel se retrouvent personnels de la Maison Blanche et journalistes, sur lesquels se trouvent des caricatures des hommes et femmes politiques.

Ellen demande souvent à ses interlocuteurs de dire la vérité, et elle-même fait en sorte de toujours la dire. Mais est-ce si facilement possible dans notre monde compliqué ?

Un polar politique pas si loin de la réalité, ce qui fait forcément frémir.

L’image que je retiendrai :

Celle des ennemis de l’intérieur. Une autre image des Etats-Unis.

22,90
22 avril 2022

famille, Indochine

Le tout, avec la maestria que l’on connaît de l’auteur, son humour, son art des personnages et des situations.
J’attendais les vacances pour me lancer dans son dernier roman, que j’ai dévoré en deux jours, prise dans le tourbillon indochinois avec Etienne à la recherche de son amant Raymond ; Jean et son irascible femme Geneviève ; François et sa rubrique des faits divers ; Hélène et sa vie parisienne.
Les parents Louis et Angèle ne sont jamais loin qui laissent leurs enfants partir dans le Grand Monde, loin de l’usine de savon familiale de Beyrouth.
J’ai aimé, à la fin du roman, retrouver des personnages des Enfants du désastre.
J’ai aimé que Le Grand Monde soit à Saïgon une salle de jeu où l’on fume de l’opium, comme si la vie était un vaste terrain de jeux enivrant.
J’ai aimé les leitmotivs : la bagouze de Gaston le collègue d’Etienne, dont la grosseur signifie l’enrichissement ; le bonnet à pompons en forme de moule à charlotte de Laon le gourou ; le chat Joseph qui accompagne Etienne à Saïgon et qui s’installe sur le radiateur ; l’appareil photographique d’Etienne qui ne sait pas cadrer une photo…
J’ai aimé découvrir l’enrichissement en piastres : business as usual…
Un roman un peu policier qui montre qu’il faut toujours chercher l’argent (d’où il vient, où il va).
L’image que je retiendrai :
Celle du nombre de bouteilles de vin blanc bues par les différents personnages et en famille.